La conjuration savante
Contraindre, et non prier : la différence de grammaire qui sépare la magie savante de la liturgie dont elle imite tout le reste.
| Type | Conjuration |
|---|---|
| Aire | Europe latine |
| Période | XIIIe-XVIIIe siècle |
| Attestation | Manuscrits de nécromancie édités par Kieckhefer ; Clavicules ; Heptaméron |
La conjuration emprunte à la liturgie chrétienne presque tout : le latin, les noms divins, la structure des oraisons, les aspersions, les encensements. Elle en diffère sur un point de grammaire, et ce point est tout : elle est à l'impératif. On n'y demande pas, on y commande, au nom d'une puissance supérieure qui contraint l'esprit à obéir.
C'est ce renversement qui la rendait scandaleuse aux yeux des théologiens : non pas invoquer des démons — on pouvait y voir une superstition — mais prétendre disposer des noms divins comme d'un levier.
Le manuscrit de Munich édité par Richard Kieckhefer sous le titre Forbidden Rites est le meilleur témoin conservé de ce que fabriquait réellement un clerc nécromancien du XVe siècle.